Rétrospective de la session d’été 2026
Nouvelles suppressions d’emplois, pression accrue sur le personnel, interdiction du télétravail : lors de la session d’été du Parlement, les interventions visant le personnel de la Confédération se sont multi-pliées. transfair s’oppose fermement à ces menaces. Non aux mesures d’économies irréfléchies et à de nouvelles suppressions d’emplois au sein de l’administration fédérale !
Marguerite Bouillet
Motion de la Commission des finances du Conseil des États : centraliser et réduire les effectifs
Au sein du Parlement, les attaques contre le personnel de la Confédération se multiplient. Pas moins de 13 motions ont été déposées lors de la session d’été. L’objectif principal, clairement affiché par les politiciennes et politiciens pour la plupart issus des partis bourgeois, est de poursuivre la réduction des effectifs au sein de l’administration fédérale. Malheureusement, le Parlement a accepté et transmis au Conseil fédéral la motion de la Commission des finances du Conseil des États visant à centraliser les services administratifs communs. Cette décision risque d’encourager de nouvelles attaques contre le service public.
11 des 13 motions doivent encore être votées au Conseil national. Si elles obtenaient la majorité, le Conseil fédéral devrait mettre en œuvre des mesures radicales soit pour supprimer des emplois, soit pour détériorer les conditions de travail. Voici quelques-uns des principaux objets encore en suspens :
Motion Erich Hess : moins de personnel pour une charge de travail inchangée
Dans sa motion, le conseiller national UDC Erich Hess demande de « Réduire les effectifs de l’administration fédérale au moyen de la fluctuation naturelle ». Le problème : la charge de travail reste la même. La pression qui pèse sur le personnel de la Confédération augmenterait considérablement, ce qui aurait des conséquences néfastes sur la santé physique et mentale. Or, ces deux aspects sont d’ores et déjà problématiques.
Motion Thomas Burgherr : limiter le télétravail dans l’administration fédérale
Certes, le conseiller national UDC Thomas Burgherr ne veut pas supprimer des emplois, mais « Repenser le travail à domicile dans l’administration fédérale ». Son intention manifeste : affaiblir l’attractivité de la Confédération en tant qu’employeur. transfair y voit une attaque à caractère idéologique contre les conditions de travail modernes au sein de la Confédération.
Motion Andreas Glarner : réduire les cotisations à la caisse de pension
Avec sa motion, le conseiller national UDC Andreas Glarner demande que les cotisations d’épargne et de risque versées à la caisse de pension PUBLICA soient réduites au minimum légal. Conséquence : les prestations de retraite seraient considérablement réduites, et la Confédération perdrait nettement de son attrait en tant qu’employeur.
Motion Yvan Pahud : pas de mesures salariales pour le personnel hautement qualifié
La mission du conseiller national UDC Yvan Pahud : les collaboratrices et collaborateurs de la Confédération qui gagnent au minimum 10 000 francs par mois ne doivent plus recevoir d’augmentation salariale à l’avenir. Pour transfair, cela pose problème pour plusieurs raisons : la Confédération a un besoin urgent de personnel hautement qualifié. Or, ce sont précisément ces salaires qui seraient touchés. De plus, la revendication d’Yvan Pahud va à l’encontre du principe d’égalité de traitement. Et les personnes concernées gagneraient de moins en moins. Car sans augmentation, le renchérissement grignoterait une part de leur salaire année après année.
Motion Lorenzo Quadri : baisse des indemnités de départ
Le conseiller national UDC Lorenzo Quadri a été l’un des adversaires les plus actifs du personnel de la Confédération lors de la session d’été. Il a déposé pas moins de deux motions visant à mener la vie dure au personnel fédéral : l’une veut réduire encore les effectifs, l’autre veut baisser les indemnités de départ.
Motions Jean-Luc Addor et Stefanie Heimgartner : attaques contre l’égalité au sein de l’armée
Jean-Luc Addor et Stefanie Heimgartner (tous deux UDC) ont chacun lancé une attaque contre le service spécialisé « Femmes dans l’armée et Diversité ». Avec ce service spécialisé, l’armée suisse entend promouvoir la diversité et l’inclusion et favoriser la cohésion au sein de l’armée. La motion de Jean-Luc Addor, visant à supprimer le volet « diversité », a été rejetée par le Conseil national lors de la session d’été. La motion de sa collègue Stefanie Heimgartner, qui souhaite carrément dissoudre le service spécialisé, est encore en suspens. La logique apparente de la politicienne : pas de service spécialisé, pas de problème.
Tout de même : le financement autonome de Swissmedic avance
transfair salue tout de même une motion actuellement traitée par le Parlement : la Commission des finances du Conseil des États veut assurer le financement à long terme de Swissmedic, l’autorité suisse d’autorisation et de surveillance des produits thérapeutiques, par des émoluments et des taxes. Le Conseil fédéral soutient cette motion et procèdera à l’élaboration des bases légales, sous réserve de l’accord du Conseil national.
transfair défend tes intérêts aussi sur la scène politique
transfair s’engage à différents niveaux en faveur de ses membres : nous négocions des salaires et des conditions de travail équitables avec les employeurs du service public et accompagnons les employé-e-s individuellement, en cas de licenciement ou problème au travail (p.ex. harcèlement ou conflits au sein de l’équipe).
Au niveau politique aussi, transfair s’engage activement : nous échangeons régulièrement avec les décideurs parlementaires, hommes et femmes. Notre objectif : exercer une influence avant même les votations et lutter à un stade précoce contre toute détérioration des conditions de travail dans le service public. Afin de faire échouer les motions encore en suspens, nous présentons actuellement nos arguments aux parlementaires avec la plus grande détermination.