Fonds de numérisation : étude consacrée au monde du travail de de-main aux CFF

Fonds de numérisation : étude consacrée au monde du travail de de-main aux CFF © ColouresPic/AdobeStock
29.08.2019

D'ici à 2035, près de 40% des effectifs actuels des CFF seront à la retraite, soit bien plus que le nombre de collaboratrices et collaborateurs nécessaires à l’exploitation ferroviaire, même si les prévisions n’excluent pas un léger recul. Une pénurie de main-d’œuvre qualifiée est même prévisible dans certains domaines comme l’informatique ou la conduite des trains. Tels sont les résultats d’une étude sur le monde du travail de demain aux CFF que la société de consulting PwC Suisse a réalisée avec le concours de Gudela Grote, professeure à l’EPF de Zurich, dans le cadre du Fonds de numérisation. Les principales solutions résident dans l’apprentissage tout au long de la vie et dans le maintien et le développement ciblés du savoir-faire ferroviaire. Les CFF entendent anticiper en s’attaquant d’ores et déjà à ces questions avec le soutien de transfair et les autres partenaires sociaux.

Les CFF et leurs partenaires sociaux sont unanimes : le personnel, sa sécurité et ses connaissances constituent la première richesse d’une entreprise. L’accident tragique qui a coûté la vie à un chef Assistance clientèle début août 2019 n’a fait que renforcer cette certitude. Le maintien et le développement du savoir-faire ferroviaire, des connaissances spécialisées et de l’expertise en matière de gestion de projets d’entretien et d’exploitation ferroviaires sont absolument indispensables. Il faut aussi encourager le développement du personnel pour préparer les collaboratrices et collaborateurs au monde de demain.

La première étude réalisée dans le cadre du Fonds de numérisation, une structure inédite en Suisse créée fin mars 2019 par les CFF, transfair, le SEV, l’ACTP et le VSLF, a jeté les bases nécessaires à la poursuite de ces objectifs. D’après ses conclusions, désormais disponibles, l’évolution démographique aura un impact particulièrement fort pour les CFF : d’ici à 2035, plus de 40% des effectifs actuels seront à la retraite, soit plus de 10 000 collaboratrices et collaborateurs.

Menée par PwC Suisse avec le concours de Gudela Grote, professeure à l’EPF de Zurich, cette étude fait état, selon la variante envisagée, d’une stabilité des effectifs des CFF d’ici à 2035 par rapport aux données actuelles, voire d’une réduction pouvant aller jusqu’à environ 15%, en fonction des différentes variantes prédictives envisagées.

Mais la vague de départs à la retraite devrait largement dépasser une éventuelle baisse des besoins en personnel : quand bien même les CFF auraient besoin de moins de collaborateurs à l’avenir, un tel recul pourrait être contrebalancé par les départs à la retraite et les fluctuations naturelles du personnel.

D’après l’étude, la numérisation transformera de nombreux profils métiers d’ici à 2035. Certaines tâches répétitives, qui exigent aujourd’hui beaucoup de ressources, pourront être automatisées. Les systèmes d’assistance et l’automatisation simplifieront quantité d’opérations. D’un autre côté, les exigences liées aux corps de métiers seront souvent renforcées et, avec elles, les contraintes posées aux cadres. Certaines compétences, à l’instar de la capacité à coopérer et à gérer les conflits, gagneront en importance, tandis que de nouveaux profils de postes verront le jour.

Une pénurie de main-d’œuvre, notamment de personnel qualifié, est à prévoir dans certaines catégories professionnelles nécessitant de plus en plus d’aptitudes en informatique et en science des données, mais aussi dans des métiers spécifiques au chemin de fer (notamment mécaniciennes de locomotive et assistantes clientèle). D’importants efforts de recrutement seront alors nécessaires. En revanche, une situation excédentaire pourra être observée dans de rares professions où certaines tâches peuvent être automatisées, par exemple chez les monteurs ou aux achats. Il faudra alors faire évoluer les postes actuels.

Les solutions : l’apprentissage tout au long de la vie et la préservation du savoir-faire ferroviaire
Les CFF et leurs partenaires sociaux étudieront scrupuleusement les résultats de l’étude afin de cibler des mesures visant à compenser au plus tôt l’excédent ou la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

Les objectifs des CFF et de leurs partenaires sociaux sont donc les suivants :
  • formation continue et développement des compétences requises (apprentissage tout au long de la vie);
  • reconversions et nouvelles formes de travail;
  • renforcement de la présence sur le marché du travail et recours aux technologies;
  • préservation du savoir-faire ferroviaire lors de départs à la retraite;
  • élaboration d'instruments permettant de couvrir les besoins futurs réciproques dans le cadre du contrat de travail.
Outre le Fonds de numérisation, les CFF proposent une offre de formation moderne, complète et professionnelle. L’entreprise déploie de vastes programmes, à l’image de «fit4future», afin d’identifier les changements et les potentiels de façon précoce, de préserver durablement son précieux savoir-faire ferroviaire et d’accompagner ses collaborateurs dans leur développement personnel.
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