Les revendications salariales générales n’ont rien de suranné

Les revendications salariales générales n’ont rien de suranné © transfair
08.08.2017

Avec l’évolution de la demande de prestations de service public qui s’oriente de plus en plus vers le numérique. l’heure est aux programmes de démantèlement dans les entreprises liées à la Confédération. transfair s’inquiète aussi des conditions de travail et du niveau des salaires dans le service public. Le recours accru à la numérisation ne doit pas se faire sur le dos des salariés.

transfair affiche clairement son ambition d’inclure les primes d’assurance maladie dans les négociations salariales de l’automne et de contrecarrer ainsi la tendance qui veut que les mesures salariales soient toujours plus individualisées. Alors que les primes maladie constituent une part importante du budget des ménages, leur évolution n’est toujours pas prise en compte. Il en résulte dans la pratique une perte de pouvoir d’achat. transfair souhaite imposer cette exigence dans le cadre des négociations actuellement menées avec Swisscom sur la convention collective de travail. Les partenaires sociaux se doivent de déterminer une valeur de référence commune permettant de mieux tenir compte de l’évolution des primes d’assurance maladie lors des négociations salariales.

L’automne salarial va également se cristalliser sur la question des rentes. transfair attend des employeurs qu’ils se mobilisent largement contre les pertes de rentes annoncées. La situation des caisses de pension est de plus en plus souvent évoquée lors des négociations salariales. Les mesures d’atténuation prises en faveur des capitaux d’épargne des caisses de pension – qui consistent par exemple à effectuer des versements uniques ou à augmenter les cotisations plutôt que de procéder à des augmentations générales de salaires – ont l’avantage d’avoir un effet général et durable qui profite non seulement au personnel assujetti à la CCT mais aussi à l’ensemble des collaborateurs assurés.
 
Toutes ces raisons amènent transfair à clamer haut et fort que les revendications salariales générales dans les branches Communication, Poste et Logistique, Transports publics et Administration publique n’ont rien de suranné!
 
Communication: reverser le gain de productivité aux collaborateurs
Les mesures salariales individuelles visant à rééquilibrer la structure des salaires par des hausses ciblées ont été privilégiées ces dernières années chez Swisscom. La malheureuse contrepartie est que les salaires de nombreux collaborateurs du géant des télécommunications n’ont pas été relevés. transfair remet cette année une revendication salariale générale sur la table. D’autant qu’après l’introduction de son programme de restructuration de longue haleine «Operational Excellence», aux lourdes conséquences pour le personnel, on attend un signe positif de la part de l’employeur. transfair attend de l’entreprise qu’elle répercute sur le personnel les gains de productivité réalisés sous la forme d’une mesure salariale générale. transfair exige d’ailleurs une augmentation générale des salaires dans toute la branche Communication. transfair est en effet convaincu que de telles mesures de portée générale favorisent la transparence dans les entreprises.
 
Après avoir été prolongée, la convention collective de travail Swisscom expire à la fin de l’année 2017. Les partenaires sociaux réunis autour de la table des négociations mettent l’accent sur le développement numérique de l’entreprise. transfair centre ses exigences en la matière sur les mesures de formation continue et la protection des données personnelles des collaborateurs. transfair revendique le principe d’une amélioration matérielle des conditions de travail pour les collaborateurs soumis à la convention collective de travail.
 
Poste/Logistique: une mesure durable sur plusieurs années
Les négociations salariales pour l’année en cours, qui se sont achevées ce printemps, associent comme l’année dernière un versement unique de 400 francs au prorata du taux d’occupation ainsi que des augmentations individuelles de salaires. La Poste participe de plus à la consolidation de la caisse de pensions en augmentant de 0,4% les cotisations versées par l’employeur. Cela équivaut à une mesure générale et durable produisant ses effets les années suivantes. Malgré le recul annuel significatif du volume des lettres, la pression sur les marges dans la distribution des colis et l’environnement des taux négatifs auquel fait face PostFinance, la Poste continue d’enregistrer d’importants bénéfices. Cette donnée justifie également les revendications salariales générales pour l’année qui suit.

Dans le même temps, la transformation de la Poste Suisse est à l’origine de nombreux projets de démantèlement, qui suscitent le mécontentement parmi l’ensemble du personnel. La récente prolongation des conventions collectives de travail Poste CH SA, CarPostal SA et PostFinance SA jusqu’à la fin 2020 est toutefois de nature à asseoir une certaine stabilité. Il faudra en revanche entamer à l’automne des négociations sur les adaptations du plan social ainsi que sur des thèmes spécifiques aux unités et entreprises de la Poste. L’arrivée de nouveaux opérateurs et employeurs accentue la concurrence sur le marché postal. D’où l’importance de la définition des conditions de travail usuelles dans la branche par la PostCom. Une étude lancée sur cette question est attendue pour la fin de l’année.
 
Transports publics: des revendications portant essentiellement sur des mesures générales
Les mesures définies sur plusieurs années dès 2016 dans le cadre du paquet de stabilisation de la caisse de pensions des CFF s’appliqueront également pour l’année 2018 : 0,8% de la masse salariale sont en effet dédiés à des mesures salariales individuelles jusqu’en 2020 inclus et il est renoncé aux négociations salariales si le renchérissement annuel ne dépasse pas 1,2%.

Si la situation de la caisse de pensions CFF devait nécessiter d’autres adaptations, transfair considère qu’il sera du devoir des CFF de contribuer largement au maintien du niveau des rentes. transfair attend des CFF qu’ils apportent une contribution importante dans le sens d’éventuelles augmentations de cotisations et compensations pour les groupes d’âge plus avancés. Les départs de cotisants actifs induits par les suppressions draconiennes de postes sont un autre élément à prendre en compte. Il ne tient qu’à l’employeur CFF de ne pas compromettre davantage la stabilité de la caisse de pensions avec le programme «RailFit 20/30».
 
Pour les entreprises de transport concessionnaires, transfair réclame des mesures salariales à hauteur de 0,8 à 1%, de portée essentiellement générale. Les augmentations de salaires toujours plus individualisées de ces dernières années ont laissé de côté un large pan de collaborateurs. Le fait que les transports publics soient une branche à forte croissance, que la reprise économique soit perceptible et que les indemnisations des commanditaires soient acquises justifie de revenir à des évolutions salariales générales.
 
Administration publique: besoin de rattrapage salarial
Compte tenu du gel des salaires de ces deux dernières années, des prévisions de renchérissement et du besoin de rattrapage au sein de l’administration fédérale par rapport à l’évolution passée des salaires dans l’ensemble de l’économie, transfair attend une mesure salariale générale d’au moins un pour cent. Des discussions sur l’abaissement du taux d’intérêt technique et du taux de conversion de PUBLICA se déroulent parallèlement aux négociations salariales. transfair demande là aussi à l’employeur d’apporter une contribution décisive par des mesures d’atténuation. Faute de quoi les assurés actifs risquent de voir leurs rentes diminuer de quelque 10%.

S’agissant des salaires, il a été toutefois possible d’obtenir du Conseil fédéral de revenir sur la réduction des augmentations salariales individuelles décidée en 2015. Les collaborateurs en phase de progression salariale auront ainsi de nouveau la possibilité d’atteindre la limite supérieure de la fourchette salariale dans un délai réaliste. transfair n'en juge pas moins avec un certain scepticisme la fiabilité de la Confédération en tant qu’employeur: en voulant relever de cinq ans l’âge de départ à la retraite des catégories particulières de personnel de l’administration fédérale (militaires de carrière, Corps des gardes-frontières et personnel transférable du DFAE) pour le porter à 65 ans, et ce en pleine période de transition du premier relèvement de l’âge de la retraite, le Conseil fédéral envoie un mauvais signal.
Dans le Domaine des EPF, il est de plus à craindre que la réduction des fonds fédéraux de 3% ne signifie pas seulement une réduction des prestations mais aussi une nouvelle stagnation des salaires. La réduction de la masse salariale destinée aux mesures salariales individuelles ou celle des rémunérations forfaitaires pour la relève scientifique constitueront des points particulièrement sensibles. transfair défendra de toutes ses forces les intérêts de ses membres.