La coupe est pleine

La coupe est pleine © GWK
29.06.2017

Le Conseil fédéral souhaite reculer le départ à la retraite pour les collaborateurs des catégories particuliers. Les syndicats s'y opposent.

Le Conseil fédéral souhaite reculer l’âge de départ à la retraite pour les collaborateurs des catégories particulières de personnel. Une telle décision entraînerait un ajustement structurel coûteux. La viabilité de cette mesure n’est pas établie. Ce report de l’âge de départ à la retraire est inacceptable pour les associations du personnel (transfair, Garanto, swissPersona, APC, ssp).

Les collaborateurs appartenant aux catégories particulières de personnel (militaires de carrière, Corps des gardes-frontière et personnel transférable du DFAE) avaient déjà dû accepter en 2013 un recul de l’âge de départ à la retraire de 58 à 60 ans. Le Conseil fédéral a pris la décision de principe de relever à 65 ans l’âge de la retraite. La fiabilité de l’administration fédérale en tant qu’employeur s’en trouve remise en cause et le gouvernement national risque de perdre la confiance et la loyauté des groupes professionnels concernés.

Inacceptable pour les associations du personnel
Les collaborateurs appartenant aux catégories particulières de personnel de l’administration fédérale sont tenus d’assurer des services de nuit, d’astreinte et du dimanche et sont soumis à une obligation de transfert. Jusqu’à présent, ces désagréments étaient compensés par un départ anticipé à la retraite. La période de transition du relèvement de l’âge de départ à la retraite à 60 ans n’est de loin pas encore arrivée à échéance que le Conseil fédéral poursuit déjà son offensive; la coupe est pleine suite à cette décision. Les associations estiment que les personnels concernés envisagent de prendre des mesures.

Ajustements structurels coûteux
Le personnel militaire et les membres du Corps des gardes-frontière ne peuvent plus être déployés au front dès l’âge de 60 ans. Les années de service ponctuées d’horaires de travail irréguliers ainsi que d’équipes de week-end et de nuit ont laissé des traces tant physiques (problèmes de dos, douleurs articulaires, etc.) que psychiques (troubles du sommeil, etc.). Il n’est donc pas possible d’envisager de maintien dans la fonction d’origine au-delà de l’âge de 60 ans.

C’est pourquoi environ 600 nouveaux postes doivent être créés dans le cas des collaborateurs concernés de ces deux groupes professionnels. De plus, de nouvelles carrières professionnelles complètes et des modèles de formation adaptés doivent également être élaborés. Les officiers de carrière et les sous-officiers devraient éventuellement renoncer au statut, ce qui aurait pour conséquence l’introduction d’un modèle de temps de travail et aussi une expansion de l’effectif de 400 unités de personnel.

Le Conseil fédéral est incapable de présenter la moindre analyse de l’impact financier de la réforme de l’ordonnance sur la retraite des membres des catégories particulières de personnel (ORCPP).

Renseignements complémentaires
Matthias Humbel, Responsable de branche
matthias.humbel@transfair.ch
 
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